« Par ailleurs » (création 2009)
« Par ailleurs », création pour 4 danseurs et un idéal, s'articule autour de la question des migrations, du départ et de l'« étranger ».
Depuis toujours les hommes se déplacent, quittent leurs racines et leurs repères à la recherche d'un horizon meilleur. Par nécessité, par choix ou par obligation, chaque départ est un basculement de vie.
Nomades ou sédentaires, étrangers et invités au monde, la pièce parle de nous tous, de ceux qui fuient, cherchent et rêvent une terre où vivre.
Par une série de solos, duos et mouvements d'ensemble, le corps se fait témoin d'histoires individuelles, et l'interprète vecteur de l'histoire collective.
Chaque formation traite des causes ou conséquences de déplacements au-delà de nos frontières géographiques, politiques ou intellectuelles.
Liberté d'expression, refus d'intégration, regard porté sur autrui, accueil, violence, solidarité, sont les sujets qui se déclinent au fil des interprétations. Une même thématique abordée par différentes subjectivités cherche à révéler l'éventail de sentiments que peuvent susciter des événements à priori identiques.
Au fil de la pièce certaines situations, reprises par les différents interprètes, suggèrent cette multiplicité.
Par une approche et une gestuelle propres, ils alimentent la récurrence d'une problématique et au travers de leurs personnalités en cultivent un éclairage particulier.
Face au champ de possible qu'il peut ainsi supposer, le spectateur reste libre d'adhérer à un point de vue ou à un autre, de choisir son positionnement face au propos, ou de nourrir un questionnement en lien avec l'actualité.
Chaque entité est un moment dansé.
Un accessoire, une caractéristique forcée, l'évidence d'un geste répétitif, mais pas de narration.

Photographie © 2009 Alexandre Bugny
La prise de mouvement d'un danseur en hommage aux réfugiés politiques, le voyage individuel et collectif du groupe pour signifier le cheminement, une valise allégorie d'un passé déplacé, des solos pour dire la violence la solitude ou l'enfermement, des duos pour les jugements, la solidarité ou l'amour… La chorégraphie veut avant tout ouvrir un univers, déclencher un imaginaire et sensibiliser l'émotion.
Si un lien logique existe dans la succession des tableaux, allant parfois jusqu'à en fondre les transitions, l'indépendance et l'autonomie restent maîtresses. L'auto-suffisance des « variations » ne leur donne pas un caractère indispensable.
Selon le message défendu, le public visé, ou l'espace scénique, les reprises peuvent se faire re-créations. L'agencement se module, la construction reste souple, un passage prend la place d'un autre, un solo se répète, un autre s'efface et un nouveau regard apparaît au gré des formes prises ou reprises.

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